Les premières collections du Musée
1905 - 1918

quelques vues de villers vers 1900

 

Dès la fin de 1902, la Commission spéciale avait enre­gistré les manuscrits et objets prêtés par la Ville et les particuliers autour de Dumas et Demoustier. En 1905, le premier conservateur du Musée, Jules Delinge, inventorie ainsi 175 documents, précisant bien qu'ils sont « seulement prê­tés à la Société Historique, à charge pour elle de les maintenir en état, entendu qu'ils demeureront toujours à la disposition de la Ville ». Qu'ils soient adressés à la Ville, au Musée ou à la Société, les dons reçus figurent dans les premiers inventaires sous la seule appellation « dons au Musée ». Victor Goedorp, journaliste à La Liberté soissonnaise,

écrit le 22 mai 1912 qu'il a vu dans les salles « les envois hétéroclites de donateurs évidemment bien intentionnés, mais qui n'offrent qu'un intérêt relatif... C'est un musée de pots cassés, mais n'en médisons pointcertaines pièces en sont intéressantes. »
Parmi ces dernières figurent en effet le manuscrit d'Isaac Laquedem, offert par Dumas Fils à la Ville en 1885, des feuillets des Mémoires, donnés par M. Glinel, les bottes de Dumas Père et le grand portrait équestre du général Dumas par Olivier Pichat, dons de la famille Du Chaffault (1902 et 1911), ainsi que quelques toiles signées de Marie Nicolas et données par elle-même.
 

les débuts du musée

Le général Dumas par Picha

Marie Nicolas, autoportrait

monnaie gauloise

Des pièces de choix, qui sont toujours visibles dans le Musée actuel. Il faut y ajouter des moulages des sculptures du château, un choix de terres cuites et de gravures du 19e s., des plaques photographiques anciennes et quelques produits de fouilles archéologiques régionales (gisement Caranda, Soissons...).
Malgré les efforts du deuxième conservateur, Jules Laille (jus­qu'en 1927), le musée passe cependant inaperçu et les guides touristiques n'en parlent guère.
Aussi la Société Historique, qui se réunit dans le même local et couvre difficilement les frais, adresse-t-elle un courrier au Maire, l'année suivante, le priant de bien vouloir « recevoir en garde, au nom de la Ville, les objets com­posant le musée ». Aucune suite n'y est donnée.
Pendant dix ans, les collections, qui continuent à s'accroître jus­qu'à la guerre et comptent plus de 1 500 articles, ne sont plus numérotées avec rigueur. De ce fait, les pertes causées par les déménagements et les guerres sont difficiles à estimer.