Honneur aux Bienfaiteurs !
1918 - 1939

Les cahiers d'inventaire, nombreux et un peu confus, révèlent les noms des premiers donateurs, dont le geste, dès les fêtes de 1902, constitua certainement un fort encouragement : M. Leroi, rédacteur en chef du journal L'Art, offrant de superbes gravures, le baron Alphonse de Rothschild apportant un bronze de Ch. Paillet, Les deux Amis, Marie Nicolas, peintre cotterézienne, léguant son tableau Avant la Parade le jour même de sa mort (donation complétée en 1905 et 1907 par son fils, M. Drapier)...

À côté de cette orientation artistique, les premiers responsables de la Société historique introduisent l'archéologie, avec la col­lection égyptienne d'Eugène Caristie, les objets de fouilles régionales de la collection Michaux. Des documents historiques d'intérêt local sont apportés par MM. Brassart, maire et prési­dent d'honneur, Castellant, Delinge, Fossé d'Arcosse, Roch. Le comte du Chaffault et Oser Faquin ont à cœur de compléter les dons de Dumas Fils et d'illustrer la présence iconographique de Dumas Père, dont la Société elle-même acquiert bien des sou­venirs. Sans parler d'un grand nombre de particuliers qui font don de « curiosités » diverses : un collier néolithique, une tête de brochet, des fossiles, des armes, une carapace de tortue, des photos et cartes postales, des affiches, des souvenirs cotteréziens, des journaux anciens...

À partir de 1932, sous l'influence de la Société des Amis de Dumas, les dons, moins nombreux, se rapportent souvent aux trois membres de la famille : André Fossé d'Arcosse offrant des documents recueillis par son père, ami personnel de Dumas, Mme d'Hauterive apportant le costume d'académicien et des objets personnels de Dumas Fils, tandis que son mari Ernest d'Hauterive ajoute deux manuscrits précieux : le journal d'ordres du général Dumas et les Mémoires de Dumas Père. De son côté, la comtesse du Chaffault fait don du bureau-secrétaire de Dumas Fils à Puys, cependant que Mme Thirouin lègue le fau­teuil où se reposait Alexandre Dumas au moulin de Wallu... Quant au grand buste de Dumas Père en terre cuite ocre, par Chaput, sans doute l'esquisse du marbre de la Comédie Française (1876) , il a été offert en 1934 par Mme Sienkiewicz, filleule de Dumas Fils. C'est elle qui fait également don du moulage en plâtre de la main de Dumas Père.

À noter toutefois que l'origine de certaines pièces importantes du Musée reste encore incertaine: ainsi la maquette en terre cuite de la statue de Carrier-Belleuse, le grand tableau du Voyage de Dumas en Espagne, par Eugène Giraud... 

 

le jeune Dumas
(pastel vers 1825)

 

la presse invite
au Musée Dumas (1933)

Dumas Fils, sculpté par Carpeaux

le président André
Fossé d'Arcosse

correspondance
de Dumas Père

Un buste de Dumas, par Mongendre, attribué par le musée de Sèvres, quelques dons de Maurice d'Hartoy (filleul de guerre de Jeannine Dumas), des esquisses et des modèles en plâtre de monuments publics, plusieurs manuscrits offerts par les présidents en exercice (en particulier, Jules César et Napoléon, les premières pages du Comte de Monte-Cristo), des acquisitions de la Société Historique, des lots de correspondance enfin, consolident et diversifient entre les deux guerres le fonds des Trois Dumas, assurant au Musée une certaine notoriété malgré l'incertitude du lendemain...
Sans la générosité de ces bienfaiteurs, publics et privés, sans le dévouement et la « foi » de ses responsables bénévoles, le Musée Alexandre-Dumas aurait-il résisté à la misère du temps et aux avanies de l'histoire ?