Menaces et Réveil
1939 - 1958

La guerre et l'évacuation partielle des collections du Musée constituent des pages sombres, non seulement avec la disparition de la grande statue cotterézienne de Dumas (janvier 1942), mais aussi avec des pertes et des destructions documentaires regrettables, suivies du décès du pré­sident Fossé d'Arcosse en décembre 1946.
Cécilien Lefèvre, alors conservateur-adjoint, lui succède l'année suivante. C'est lui qui va avoir à gérer la grande mutation qui s'avère nécessaire. En effet, ce qui subsiste du Musée se trouve dans un état si préoccupant que la Préfecture doit en 1950 alerter à la fois la Ville et la direction des Musées de France. Après inspection, le patrimoine Dumas est déclaré en danger de mort et Paris exige de la Ville, réputée propriétaire du fonds, un transfert immédiat des collections dans un local sain et sécurisé ou au château. En cas de non-exécution, le Musée Dumas sera condamné à quitter Villers-Cotterêts pour... l'Oise ! Une mise en demeure sans appel.
La Société historique, étranglée par un loyer excessif, doit s'en remettre à la Ville. C'est la fin du rôle de conservation qu'elle assumait, tant bien que mal, depuis un demi-siècle. En 1952, Jacques Depouilly, conservateur des musées de Soissons, La Fère et Noyon est chargé de réorganiser le musée à l'initiative de Jean Vergnet Ruiz, Inspecteur général des Musées de Province, le Musée Alexandre-Dumas devient un établisse­ment municipal contrôlé par l'Etat.
La même année, M. Lefèvre propose à la Ville de lui céder son bel hôtel particulier du 24 rue Demoustier, en vue d'y aménager le Musée et la bibliothèque publique, ainsi que des ser­vices... de consultation de nourrissons et d'hygiène scolaire ! Le sous-préfet déclare aussitôt ce projet " d'utilité publique d'urgence " et la vente se réalise sans délai. Curieux hasard : cette propriété cotterézienne est déjà chargée d'un souvenir historique significatif, car elle a abrité dès le début de la Grande Guerre le Q.G. du général Maunoury ! Mais elle n'offre aucun lien avec Dumas Père...

pose d'une plaque souvenir
au général Monoury

signature du président
André Moreau-Néret

lorsque le 24 rue Demoustier
était un QG (fin 1914)

carte d'adhérent

le président
Cécilien Lefévre

Les crédits publics n'étant libérés qu'avec lenteur, cinq années de travaux d'aménagement et de décoration sont nécessaires avant que les tableaux, meubles, livres et objets divers concernant les trois Dumas ne trouvent leur juste place au rez-de-chaussée de l'hôtel, cependant que la Société historique s'accorde un temps de retraite sans président en exercice !
Pour le Musée, cette période est le dernier avatar d'une vie agitée avant son ouverture au public en 1957. De son côté, la Société renouvelle ses statuts et son Bureau, retrouve en 1958 un président en la personne d'André Moreau-Néret, relance ses activités grâce à une salle de travail fournie par la Ville près du Musée.
Soulagée du fardeau de la conservation, elle va pou­voir se consacrer à ses recherches du passé local et à un élargissement de son auditoire. Une autre vie commence... 

Le conservateur Jacques Depouilly cède sa place en 1989 à Denis Defente, lequel relance un projet de réaménagement des collections et entreprend en 1995 le récolement et la couverture photographique systématique des objets et documents. Un travail discret, mais fondamental, pour envisager un redéploiement logique et attractif du Musée.